Malgré tous ses efforts, Paul Le Guen n’a pu rompre le charme de la Coupe d’Europe. Grâce à un final de folie et un Peggy Luyindula en forme « lyonnaise », le Paris sort de son groupe en terminant… troisième. Comme dirait l’autre, c’est déjà mieux que rien.
Il s’en est fallu de peu pour que le club de la capitale rejoigne Rennes et Nancy au rang des calamités du football français. Six minutes exactement. Le temps que Kezman puis Luyindula permettent à l’équipe francilienne de dépasser définitivement au classement le Real Santander. Jusqu’à cette 84ème minute, Paris avait oscillé entre le bon – des actions construites, des occasions et des buts – et le franchement mauvais – une défense toujours aussi peu hermétique, Kezman qui loupe un penalty importantissime à 2-0.
Reconnaissons toutefois que Paris a montré tout au long du match du panache, mot qui semblait à jamais proscrit du Camps des Loges depuis l’arrivée aux affaires de la « patate de Pencran ». Cette envie d’aller de l’avant, le Parc des Princes le doit en grande partie à Stéphane Sessegnon, véritable révélation de la première moitié de saison parisienne. Bien que sans position fixe depuis son arrivée du Mans, le Béninois éclaire chaque match qu’il dispute de son talent. Positionné à gauche contre Twente, il a encore été une fois intenable, au point d’apparaître à présent comme une véritable alternative à Jérome Rothen. L’ex international français, transparent depuis le début de la saison, peut se faire du souci dans les semaines qui viennent.
Comme l’ont montré ses deux buts contre les Hollandais, Peggy Luyindula renaît quant à lui de ses cendres lyonnaises. Aussi efficace qu’un Chamakh en pleine bourre depuis son arrivée à Paris, le congolais d’origine s’est métarmorphosé suite à sa titularisation surprise contre Marseille en octobre dernier. Plus collectif et plus adroit, l’attaquant parisien redevient progressivement ce qu’on appelle communément en France un bon joueur de football professionnel. Il est tout simplement dommage que ce retour en grâce ne soit réellement effectif qu’en Coupe de l’UEFA.
Malgré cette victoire, ne perdons cependant pas de vue que la qualification parisienne tient du miracle. On ne doit pas oublier aussi qu’avec une ambition supérieure, Paul Le Guen aurait pu hisser son club à la première place du groupe A et s’offrir de la sorte un prochain tour moins délicat. Car c’est en enchaînant les bons résultats européens que le Paris SG pourra peut-être espérer un jour renouer avec sa notoriété perdue.
L’atmosphère régnant au Parc des Princes à la fin du match contre Twente ne fait que renforcer la conviction de « La Lucarne » : une rencontre de Coupe d’Europe, par l’émotion et la symbolique qu’elle dégage, ne doit être délaissée au profit d’un match contre Grenoble ou Toulouse. La France ne peut plus se permettre d’être continuellement rayée de la carte du football européen dès le mois de mars. Si renaissance il y a, elle passera (aussi) par la Coupe de l’UEFA.